Les 9 astuces zéro-déchets qui me SAOULENT

Dans la tendance zéro-gaspi, je suis au niveau maternelle grande section : je lis des trucs, j’essaie de recopier ce que font mes copines qui déchirent (wink wink @ Céline, Sandra, Chiara, Alicia…), j’ai acheté un composteur et je suis pas sûre de faire ça bien, mais JE FAIS DE MON MIEUX, un pas après l’autre.

Du coup il y a des trucs qui me gavent copieusement dans mon petit chemin de padawan, ce sont les listes de conseils « trop fass » du zéro-déchet qui en fait sont pas faciles du tout.

3 conseils zéro-déchet « je suis pas ta mère »

Se mettre au batch-cooking

Pour moi le batch cooking c’est : le samedi tu fais ta liste de repas de la semaine suivante et tu vas acheter toutes tes courses, et le dimanche tu passes 4h à tout préparer et à le mettre dans des tupperwares (en verre hein, bien sûr) pour pouvoir faire à dîner pour toute ta famille en 15 minutes ou presque pendant une semaine.

>>> Pourquoi c’est non merci :

J’ai pas fini de lire que j’ai l’impression qu’il faut un niveau d’organisation de guerrier… et je suis une famille de 1 personne seulement ! J’aime bien l’idée de décider ce qu’on va manger la semaine suivante pour rendre les courses plus rapides et les décisions de repas plus faciles. C’est juste la corvée du dimanche qui me fait flipper, et je parle même pas de l’alarme « cool une charge mentale de plus qu’on va coller sur les femmes ». Parce que je vois pas trop de mecs me parler de batch-cooking hein soyons honnêtes…

Faire ses propres yaourts

>>> Pourquoi c’est impossible :

Ma cuisine fait 3 mètres carrés (bienvenue à Paris), j’ai déjà optimisé chaque recoin, étagère, placard possibles pour pouvoir la naviguer, j’ai tout simplement pas la place de stocker une yaourtière. Donc je continue avec mes pots de yaourts, que je jette dans la poubelle jaune puisque depuis cette année à Paris c’est permis !

Cuisiner les fânes des légumes, la peau des fruits…

>>> Pourquoi j’aimerais bien mais on va se calmer Micheline :

Attention ma raison est totalement conne quand j’y pense : ça sonne vraiment comme un conseil d’extrémiste retranché(e) au fond de son bois avec ses chèvres. EVIDEMMENT je me rends bien compte que c’est du bon sens, et j’ai bien vu passer une fois une recette de soupe aux fânes de radis qui a l’air sympa, j’ai juste pas (encore) le réflexe.


2 conseils zéro-déchet « mon corps, mes droits »

Adopter la coupe menstruelle

>>> Pourquoi je trouve ça bien pour les autres si elles veulent mais pas pour moi :

Je n’aime pas l’idée de m’enfoncer un truc en silicone dans le vagin, même si c’est du silicone médical. Je n’aime pas non plus l’idée d’avoir le sang qui stagne là en attendant de rincer ma cup. Je suis gavée d’avance avec la logistique de faire bouillir sa cup avant de la remettre. Mais je n’aime pas non plus l’idée de continuer à utiliser des tampons. Donc je crois qu’en 2020 je vais passer à la culotte menstruelle. Ca coûte plus cher, certes, mais je suis plus à l’aise avec ce concept-là c’est tout.
Maintenant que j’y pense, j’aurais du demander ça pour Noël en fait 🤔.

Utiliser du savon en brique

>>> Pourquoi je comprends plus rien :

Donc moi j’étais restée au moment où on m’a dit que le savon c’est mal parce que ça reste là à sécher à l’air libre et y’a plein de bactéries dessus. Maintenant on sort des articles qui disent que ça se conserve mieux que du gel douche, que ça contient moins de substances dangereuses, que c’est meilleur pour la peau et pour la planète car il n’y a pas ou peu d’emballage. Du coup je suis encore dubitative sur la marche à suivre, mais c’est vrai que je suis passée au shampoing solide et je suis conquise. Du coup je vais peser le pour et le contre en finissant mon flacon de gel douche.


3 conseils zéro-déchet « Papa c’est toi ? » « non c’est Julien Vidal »

Attention c’est la partie où tous les fans de « ça commence par moi / avec vous » vont me lapider alors laissez moi faire un disclaimer : Oui je trouve que ce qu’il fait c’est bien et que c’est vital de commencer à se tirer les doigts des fesses d’une manière ou d’une autre. Ya juste 3 conseils à lui que je trouve compliqués à mettre en place.

Rester 3 minutes sous la douche

>>> Julien Vidal n’a manifestement pas les cheveux longs

Bon déjà vivre avec un chrono sous la douche quand tu viens de te lever, c’est pas le meilleur moyen de commencer sa journée, MAIS oui c’est possible de se doucher en 4 minutes 10 secondes si tu dois juste te laver le corps : j’ai testé et approuvé, c’est la durée de I like it de Cardi B. PAR CONTRE, les jours où je dois me laver les cheveux (shampoing et rincage x 2 car je n’utilise plus d’après-shampoing – coucou Sandra !), il me faut AU MOINS 4 minutes de plus, soit la durée de Work Bitch de Britney Spears. Chacun ses références, mais le lavage de mes cheveux (tous les 4 jours) n’est pas négociable.

Régler la température de son chauffe eau entre 55° et 60°

>>> Julien Vidal n’est probablement pas locataire à Paris

Je m’avance sans doute, si ça se trouve il y a un pied-à-terre. Mais désolée Juju, je viens de regarder et mon proprio ne m’a pas fait installer le modèle avec un petit écran de contrôle « bip-bap-boup voilà la température optimale ». Mais je ne culpabilise pas parce que j’ai une douchette qui rajoute de l’air dans l’eau pour en consommer moins, et ça t’y avais pas pensé HAHAHA c’est qui la boss ?! 😎

Régler la température de sa maison à 19°

>>> Julien Vidal n’est probablement pas locataire à Paris (bis)

Pareil hein : mon appart n’a pas de thermostat, je compte juste sur 2 radiateurs électriques qui datent des années 90 (juste avant l’obscolescence programmée) ¯\_(ツ)_/¯ Alors ok, je suis peut-être de mauvaise foi et je peux m’acheter un thermomètre. Mais en attendant je trouve ça pas actionnable pour tout le monde comme conseil, et donc… ça me saoule ce genre d’astuce à côté de la plaque pour mon cas.


Le conseil spécial défi de noël

Emballer ses cadeaux dans un furoshiki

>>> Pourquoi je ne m’appelle pas Marie Kondo

Dans un précédent post, Céline se demandait comment faire pour emballer ses cadeaux de noël sans papier. BOUM des furoshiki c’est la réponse ! Même si je me vois moyennement mettre à contribution mes torchons, mes serviettes et mes draps ! Non ? C’est pas comme ça que ça marche ? Bon tant pis, heureusement il y a plein d’autres idées si on a fini sa réserve de papier cadeau de l’an dernier :

Mais allez fais voir tes origami, je veux bien essayer à Noël prochain 🙂

Green (Black) Friday : mes 3 actions concrètes

La vie de l’apprenti zéro-waste, c’est pas facile tous les jours : trier ok ça va, faire attention aux emballages, au plastique, et puis se mettre à faire sa soupe soi-même… E.A.S.Y. Tu essaies un niveau au-dessus : tu passes au composteur. Là tu te sens toute puissante, rien ne peut t’arrêter.

Et puis tu apprends que le Black Friday qui t’aidait à faire tes courses de Noël s’avère être un autre obstacle bien dégueulasse d’un point de vue environnemental et sociétal et t’avais pas eu le mémo. Cool.

Pourquoi ça craint pour ta planète (et la mienne) ?

Tu as 3 écoles qui t’expliquent pourquoi en 2019 :

Make Friday Green Again

Leur motivation : « Le vrai coût de cette journée est social et environnemental. Elle rend précaires les emplois en ne rémunérant pas les fabricants, les marques et les magasins. Elle contribue d’autre part au dérèglement climatique en encourageant la surproduction ».

C’est qui ? Initialement lancé par Faguo, marque de fringues française engagée (je ne connaissais pas évidemment), c’est pas moins de 600 (SIX CENT !) autres marques françaises qui ont suivi.

Ils recommandent quoi ? Trier, revendre, recycler. Faire le point sur ce dont on a vraiment besoin. Acheter s’il le faut, mais raisonnablement et au prix juste.

Il se passe quoi alors ? Pas de réduc’ chez les marques participantes. Si tu achètes chez eux, tu sais que tu participes à une économie raisonnée et responsable.

Green Friday

Leur motivation : «  Le Black Friday est devenu le symbole de l’hyperconsommation qui implique des surproductions de biens manufacturés voraces en ressources, souvent non renouvelables et polluantes ».

C’est qui ? Lancé par le réseau Envie, engagé dans l’insertion sociale via l’économie circulaire et le développement durable, et rapidement suivi par Altermundi, Emmaüs, Ethiquable et quelques 400 autres cette année.

Il se passe quoi alors ? Pas de réduc non plus, mais en plus les marques participantes s’engagent à reverser 10% de leur chiffre de la journée au profit d’associations engagées pour une consommation responsable telle que HOP Halte à l’Obsolescence Programmée, Zéro Waste, etc.

Ils recommandent quoi ? Ils recommandent que tu participes à la place à des événements pédagogiques et de sensibilisation organisés partout en France : ateliers DoItYourself, visites, conférences… Par ici, la carte des opérations interactive.

Black for Good

Leur motivation : « former un mouvement caritatif afin de redonner du sens à l’acte d’achat en reversant à diverses associations une partie importante de leurs bénéfices ou un don conséquent lors de cette période de consommation ».

C’est qui ? A l’initiative de Typology, une gamme de produits de soin naturels, déjà une soixantaine d’autres marques lui ont emboité le pas.

Il se passe quoi alors ? Les marques choisissent une association à laquelle elles souhaitent reverser leurs bénéfices, par le biais d’un don unique ou tout au long du Black Friday (par ex. Typology reversera l’intégralité de ses bénéfices à une association de lutte contre la déforestation).

Ils recommandent quoi ? Que tu réfléchisses à ton acte d’achat. Bon bah ça tombe bien parce que si tu es là, c’est probablement que t’as pas attendu le Black Green Friday pour commencer à réfléchir.

Mais concrètement alors je fais quoi moi le consommateur ?

Bah je galère pardi ! J’achète chez les gens qui font pas de réduc ? Je fais des ateliers repar’café ? J’achète chez ceux qui reversent (mais combien au juste ?) à des assos ? Et pis c’est pas un peu la porte ouverte au greenwashing s’ils reversent que 10% de leur chiffre ?
Je suis perduuuuue.

Alors j’ai décidé que j’aurais 3 petits actes à mon niveau.

Acte 1 : je ne commande rien sur Amazon

Tu l’as vu, le titre du blog c’est PRESQUE zéro : on est loin d’être parfait mais on essaie, moi en m’agrippant encore à mon abonnement Prime. Là où les années précédentes je faisais mon shopping de Noël entre le Black Friday et le Cyber Monday, cette année, promis, je n’ouvre pas Amazon et je trouve des idées AILLEURS.

Acte 2 : si j’achète, c’est dématérialisé

Bon déjà si j’achète, c’est que j’ai BESOIN d’acheter. Mais il y a un truc que je sais que je vais m’autoriser et qui n’aura ni livraison polluante ni exploitation sociale (enfin j’espère ?) : ce sont des crédits sur un site de banques d’images. Je sais : je vends du rêve. N’empêche, j’achète utile (pour mon boulot et mes clients), et les artistes qui vendent sur la plateforme sont rémunérés, contrairement à toutes les plateformes gratuites.
Pour aller plus loin, pour mes cadeaux de Noël je réfléchis à offrir des expériences plutôt que des choses. C’est comme ça que mon frère et sa famille ont régulièrement eu des bons pour passer des nuits dans des cabanes dans les arbres. Et mes neveux ne se sont jamais plaints !

Acte 3 : je le dis à tout le monde

Make Friday Friday again quoi. Je n’ai pas envie d’être un consommateur taré qui court après des réducs débiles aux dépens de la qualité de vie et de la stabilité au travail de mes pairs. On revient à l’idée de consommation raisonnable et au prix juste pour le fabricant / la marque / la boutique, prônée par le mouvement Make Friday Green Again. Et il me semble que c’est un argument qui tient debout tout seul pour expliquer à mon collègue de bureau, ma voisine de palier et le livreur Colissimo qui me connaît par mon prénom que non, cette année, Black Friday ne passera pas par moi.
Et du coup, peut-être pas par eux non plus.



Et puis accessoirement, je me prépare mentalement parce qu’il paraît que le Singles Day chinois arrive en France en 2020...